Ce que dit la loi
Le congé doit être donné par acte de commissaire de justice au moins six mois à l'avance (article L145-9 du Code de commerce). Le locataire peut demander le renouvellement dans les six mois précédant l'expiration ou pendant la prolongation du bail ; le bailleur a trois mois pour faire connaître son refus, sinon il est réputé accepter le principe du renouvellement (article L145-10).
Le loyer du bail renouvelé est en principe plafonné à la variation de l'indice trimestriel des loyers commerciaux ou des activités tertiaires, sauf modification notable des éléments de la valeur locative, bail initial de plus de neuf ans ou prolongation au-delà de douze ans (article L145-34). Lorsque le déplafonnement résulte d'une modification notable de ces éléments ou d'une clause relative à la durée du bail, la hausse est en principe limitée à 10 % par an du loyer de l'année précédente, pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 1er septembre 2014.
Le bailleur peut refuser le renouvellement, mais doit alors payer une indemnité d'éviction égale au préjudice causé (article L145-14), sauf motif grave et légitime (article L145-17). Le locataire reste dans les lieux jusqu'au paiement (article L145-28). Le bailleur dispose d'un droit de repentir de 15 jours après la décision définitive (article L145-58). Les actions se prescrivent par deux ans (article L145-60).
En cas de désaccord sur le loyer, la commission départementale de conciliation des baux commerciaux peut être saisie gratuitement ; elle rend un avis dans un délai de trois mois. Ces règles sont une information générale sur les textes applicables, pas une analyse de votre dossier.
Ce que la partie adverse va vous opposer
Les arguments diffèrent selon le camp, mais chacun connaît ceux de l'autre. Les préparer à l'avance évite de céder sur le loyer ou sur l'indemnité faute de réponse.
Si vous êtes locataire : « La commercialité du quartier a changé »
C'est l'argument classique du déplafonnement : arrivée d'une ligne de tramway, piétonnisation, ouverture d'une grande enseigne. Le bailleur doit prouver une modification notable et qu'elle a un intérêt pour votre activité. Rassemblez vos chiffres de fréquentation et de chiffre d'affaires : s'ils n'ont pas progressé, l'argument s'affaiblit.
Si vous êtes locataire : « Votre clientèle vous suivra ailleurs »
Face à une demande d'indemnité d'éviction, le bailleur cherchera à réduire le préjudice : local de remplacement disponible à proximité, fonds peu attaché à l'emplacement. Documentez ce qui rend votre emplacement difficile à remplacer : flux de passage, absence de locaux comparables, part de clientèle de passage.
Si vous êtes bailleur : « Votre congé est irrégulier »
Le locataire examinera la forme et la date du congé, ses mentions obligatoires et le motif invoqué. Un congé mal délivré peut faire perdre des mois ou transformer un refus sans indemnité en refus avec indemnité. Faites vérifier l'acte avant de le délivrer.
Si vous êtes bailleur : « Le loyer actuel est déjà au niveau du marché »
Le locataire produira des références de loyers voisins plus bas, ou soulignera les charges et travaux qu'il supporte. Préparez vos propres références comparables, avec surface, emplacement et activité.
Dans les deux camps : « Nous irons devant le juge »
La menace pèse dans les deux sens : expertise, procédure longue, indemnité d'occupation pendant le litige. Évaluez concrètement ce qu'une procédure coûterait à l'autre camp : c'est souvent ce qui ouvre l'accord.