Ce que dit la loi
Engage sa responsabilité celui qui rompt brutalement, même partiellement, une relation commerciale établie, en l'absence d'un préavis écrit qui tienne compte notamment de la durée de la relation (article L442-1, II, du Code de commerce). En cas de litige sur la durée, la responsabilité ne peut être engagée pour préavis insuffisant si un préavis de dix-huit mois a été respecté. La résiliation sans préavis reste possible en cas d'inexécution par l'autre partie ou de force majeure. Ces litiges sont attribués à des juridictions spécialisées dont la liste est fixée par décret (article L442-4).
Le délai de paiement entre professionnels ne peut dépasser 60 jours après l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit (article L441-10). Le retard entraîne de plein droit des pénalités et une indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement (article D441-5).
L'agent commercial a droit, en cas de cessation du contrat, à une indemnité compensatrice du préjudice subi ; il perd ce droit s'il n'a pas notifié au mandant, dans un délai d'un an, son intention de la réclamer (article L134-12). Elle n'est pas due notamment en cas de faute grave de l'agent (article L134-13). Le préavis est d'un mois la première année du contrat, deux mois la deuxième et trois mois à partir de la troisième (article L134-11).
Face à une inexécution, le Code civil permet notamment de suspendre sa propre prestation, de demander l'exécution forcée, une réduction du prix, la résolution du contrat ou des dommages et intérêts (article 1217). Ces règles sont une information générale sur les textes applicables, pas une analyse de votre dossier.
Ce que l'autre entreprise va vous opposer
Un partenaire professionnel est souvent bien conseillé. Ses arguments sont prévisibles : les préparer, c'est éviter de céder sur un point que le contrat ou la loi vous permettait de tenir.
« Il n'y avait pas de relation établie, seulement des commandes successives »
L'auteur de la rupture contestera la stabilité de la relation : appels d'offres réguliers, absence de contrat-cadre, volumes irréguliers. Rassemblez l'historique des commandes année par année, les échanges qui montrent une perspective de continuité, les investissements faits pour ce client. La régularité et l'ancienneté sont vos meilleurs arguments.
« Le préavis donné était suffisant »
La durée raisonnable dépend notamment de l'ancienneté de la relation, de votre dépendance et du temps nécessaire pour retrouver d'autres débouchés. Préparez la part de ce client dans votre chiffre d'affaires et vos démarches pour le remplacer. Le préjudice réparable est en général la marge perdue pendant le préavis qui aurait dû être accordé.
« Vos prestations étaient défaillantes »
C'est la réponse classique à une réclamation : l'inexécution justifierait la rupture ou le refus de payer. Vérifiez si des réclamations ont été formulées à l'époque, par écrit, et si elles portaient sur des manquements graves. Des griefs découverts après coup pèsent moins qu'une mise en demeure datée.
« Le contrat nous permettait d'annuler la commande »
Relisez la clause : conditions, délais, indemnité éventuelle, et lequel des documents contractuels prévaut (vos conditions générales de vente ou ses conditions d'achat). En l'absence de clause, une annulation unilatérale d'une commande acceptée engage en principe la responsabilité de celui qui annule.
« L'agent a commis une faute grave »
Pour l'agent commercial, c'est l'argument qui supprime l'indemnité. La faute grave s'apprécie strictement : une insuffisance de résultats ne suffit pas en principe. Préparez l'historique de vos résultats, de vos échanges et de l'absence de reproches formalisés.