Ce que dit la loi
Selon l'article 2044 du Code civil, la transaction est un contrat par lequel les parties, par des concessions réciproques, terminent une contestation née ou préviennent une contestation à naître ; elle doit être rédigée par écrit. L'article 2052 précise qu'elle fait obstacle à l'introduction ou à la poursuite entre les parties d'une action en justice ayant le même objet.
En droit du travail, lorsque le litige porte sur la rupture du contrat, la transaction ne peut être conclue qu'après cette rupture. Elle doit respecter les conditions générales de validité des contrats (consentement libre et éclairé, capacité, contenu licite) et faire apparaître un véritable différend. Les parties peuvent en demander l'homologation au conseil de prud'hommes, qui lui donne force exécutoire.
L'action portant sur la rupture du contrat de travail se prescrit par 12 mois à compter de la notification (article L1471-1 du Code du travail), sauf exceptions. Il s'agit d'une information générale sur les textes applicables, pas d'une analyse de votre situation.
Ce que votre ancien employeur va probablement vous répondre
L'employeur ou son avocat ont l'habitude de ces discussions. Leurs arguments reviennent souvent, préparez vos réponses.
« Le licenciement est parfaitement fondé »
C'est la position d'ouverture classique. Ne débattez pas indéfiniment du fond : listez les deux ou trois points précis qui fragilisent le motif ou la procédure, avec les pièces qui les appuient. L'objectif n'est pas de convaincre l'employeur qu'il a tort, mais de lui montrer qu'un juge pourrait le penser.
« Vous avez déjà touché votre indemnité de licenciement »
L'indemnité de licenciement est due de toute façon ; elle ne compense pas le préjudice d'un licenciement contesté. Une transaction qui ne vous apporterait rien de plus que ce qui vous est déjà dû n'aurait pas de vraie concession de l'employeur. Préparez ce que vous estimez être votre préjudice : durée prévisible de recherche d'emploi, perte de revenus, circonstances du licenciement.
« Aux prud'hommes, vous attendrez des mois pour un résultat incertain »
C'est vrai pour les deux camps. L'employeur aussi supporte l'incertitude, les frais d'avocat et le temps de ses équipes. Retournez l'argument : la transaction a de la valeur précisément parce qu'elle évite ce coût à tout le monde.
« C'est notre dernière offre »
Une « dernière offre » arrive rarement au premier échange. Demandez-la par écrit, prenez le temps d'y réfléchir et répondez avec une contre-proposition argumentée. Fixez à l'avance le montant en dessous duquel vous préférez saisir le conseil de prud'hommes, et tenez-le.
« Il faudra aussi renoncer à tout le reste »
Une transaction trop large peut vous faire renoncer à des sommes que vous n'aviez pas identifiées (heures supplémentaires, primes, congés). Vérifiez ce que couvre exactement le protocole avant de signer, et listez tout ce qui pourrait vous être dû.