Ce que dit la loi
La rupture conventionnelle du CDI est encadrée par les articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail. Elle ne peut pas être imposée par l'une ou l'autre partie. Elle est précédée d'un ou plusieurs entretiens, pendant lesquels le salarié peut se faire assister.
À compter de la signature de la convention, chaque partie dispose de 15 jours calendaires pour se rétracter (article L1237-13), par une lettre dont la date de réception peut être prouvée. La demande d'homologation est ensuite adressée à l'administration (en ligne, par le téléservice TéléRC), qui dispose de 15 jours ouvrables pour se prononcer ; sans réponse dans ce délai, la convention est réputée homologuée (article L1237-14). Le contrat ne peut pas prendre fin avant le lendemain de l'homologation.
Ces règles sont une information générale sur les textes applicables, pas une analyse de votre dossier. Les salariés protégés suivent une procédure différente.
Ce que votre employeur va probablement vous répondre
Les objections de l'employeur sont souvent les mêmes. Les connaître à l'avance vous évite d'être pris de court et de céder sur un argument que vous auriez pu contrer.
« Le minimum légal, c'est déjà ce que la loi prévoit »
C'est exact, mais c'est un plancher, pas un prix. Préparez ce que l'accord apporte à l'employeur : un départ à une date choisie, pas de procédure de licenciement, pas de risque de contestation, une passation organisée. Chaque avantage pour lui est un argument pour vous.
« C'est vous qui voulez partir, pas nous »
Si la demande vient de vous, votre levier est plus faible, et il vaut mieux le reconnaître. Votre argument devient alors la qualité de la transition : formation de votre remplaçant, finalisation d'un projet, souplesse sur la date. Si la demande vient de l'employeur, rappelez-le simplement : le prix d'un départ voulu par l'entreprise n'est pas le même.
« Nous n'avons pas de budget »
Une enveloppe financière n'est pas le seul terrain. La date de départ, la dispense de travail pendant la période de préparation, le solde des congés, une lettre de recommandation, le maintien de certains avantages pendant un temps : tout cela se discute. Préparez une liste de contreparties non financières classées par ordre d'importance pour vous.
« Si vous n'acceptez pas, nous trouverons une autre solution »
Une menace voilée est une technique de pression. Gardez votre calme, notez la phrase, et demandez du temps pour réfléchir : vous n'avez aucune obligation de signer pendant l'entretien. Si vous sentez une pression forte ou des faits de harcèlement, c'est le moment de faire relire votre dossier par un professionnel.
« Signez aujourd'hui, l'offre ne tiendra pas »
L'urgence artificielle sert à empêcher la réflexion. Le délai de rétractation de 15 jours existe précisément pour que la décision soit libre. Demandez la proposition par écrit et prenez le temps de comparer.