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Situation · Logement

Loyers impayés : trouver un accord avec son locataire

Face à un loyer impayé, la voie la plus rapide est souvent un accord écrit avec le locataire : un plan d'apurement qui étale la dette tout en maintenant le paiement du loyer courant. Avant de choisir entre accord, conciliation et procédure, explorez ce que votre locataire va vous répondre et ce qui peut vous attendre selon la voie, sans jamais exiger ce que la loi interdit.

Mis à jour le 17 octobre 2026

Un impayé se règle plus vite par un accord que par une procédure

Quand un locataire cesse de payer, le premier réflexe est souvent de penser à l'expulsion. C'est pourtant la voie la plus longue, la plus coûteuse et la plus incertaine : commandement de payer, assignation, audience, délais accordés par le juge, trêve hivernale. Un accord amiable bien construit permet souvent de récupérer davantage, plus tôt, et de conserver un locataire qui reprend ses paiements.

Un impayé a presque toujours une cause : perte d'emploi, séparation, maladie, baisse d'une aide, ou simple désorganisation. Comprendre cette cause est la première étape de la négociation. Un locataire de bonne foi en difficulté passagère n'appelle pas la même réponse qu'un locataire qui ne répond plus.

Les premières démarches

  • Relancer par écrit : une lettre simple ou un courriel qui rappelle le montant dû et propose d'en parler. Restez factuel, sans menace.
  • Mettre en demeure : si la relance reste sans effet, une lettre recommandée avec avis de réception qui fixe un délai.
  • Activer vos garanties : la caution, la garantie Visale ou votre assurance loyers impayés peuvent être sollicitées dès le premier impayé, en respectant les délais de déclaration de chaque contrat.
  • Signaler l'impayé à la Caf ou à la MSA si le locataire perçoit une aide au logement, dès que l'impayé atteint le seuil prévu. Ce signalement est obligatoire.

Construire un plan d'apurement réaliste

Le plan d'apurement est un accord écrit qui étale le remboursement de la dette sur plusieurs mois, en plus du loyer courant. Sa réussite tient à une règle simple : l'échéance doit être soutenable pour le locataire. Un plan trop ambitieux échoue au deuxième mois et vous fait perdre du temps.

Exemple : Marc doit 2 400 euros à sa propriétaire, Sophie, soit trois mois de loyer de 800 euros. Il a retrouvé un emploi et peut payer 200 euros par mois en plus de son loyer. Un plan sur douze mois, signé par les deux, avec une clause prévoyant ce qui se passe en cas d'échéance manquée, est plus solide qu'une promesse orale de tout rembourser « dès que possible ».

Pensez aussi au fonds de solidarité pour le logement (FSL) de votre département, qui peut aider certains locataires à régler une dette locative, et au numéro vert SOS Loyers impayés (0 805 160 075), qui informe propriétaires et locataires.

Les chiffres clés d'un impayé de loyer

5 000 eurosen dessous, tentative amiable obligatoire avant le juge
6 semaineslaissées au locataire par le commandement de payer
3 anspour réclamer des loyers et charges impayés
1er novembre - 31 marstrêve hivernale des expulsions

Ce que dit la loi

Lorsque la dette ne dépasse pas 5 000 euros, une tentative de règlement amiable (par exemple devant un conciliateur de justice, gratuit) est obligatoire avant de saisir le juge, et tout accord doit être écrit et signé. Pour les baux signés depuis le 29 juillet 2023, l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 impose une clause résolutoire ; sa mise en œuvre passe par un commandement de payer signifié par un commissaire de justice, qui laisse au locataire 6 semaines pour régler sa dette.

Le juge des contentieux de la protection peut accorder au locataire des délais de paiement, jusqu'à 3 ans, et suspendre les effets de la clause résolutoire. Pour les baux signés depuis le 27 mars 2014, aucune pénalité de retard ne peut être facturée. Enfin, seul un commissaire de justice peut procéder à une expulsion, sur décision de justice ; l'expulsion par ses propres moyens est punie par l'article 226-4-2 du Code pénal.

Il s'agit d'une information générale sur les textes applicables, pas d'une analyse de votre dossier.

Les garde-fous : ce que vous ne devez jamais exiger

Un accord amiable n'autorise pas tout. Certaines demandes, même acceptées par un locataire sous pression, sont interdites ou se retourneraient contre vous.

  • Ne changez pas la serrure, n'entrez pas dans le logement sans accord, ne coupez ni l'eau ni l'électricité.
  • N'ajoutez pas de pénalités de retard à la dette.
  • Ne faites pas signer au locataire un engagement à quitter les lieux sous la menace : un accord doit être librement consenti.
  • Ne gardez pas d'objets ou de documents du locataire « en garantie ».
  • Ne harcelez pas : des relances répétées à toute heure ou auprès de l'employeur du locataire peuvent vous être reprochées.

Ce que votre locataire va probablement vous répondre

Préparer les réponses du locataire vous permet de garder la discussion sur le terrain de la solution plutôt que du reproche.

« Je vais payer, il me faut juste un peu de temps »

C'est la réponse la plus fréquente, et elle n'engage à rien tant qu'elle reste vague. Transformez-la en calendrier : combien, à quelle date, pendant combien de mois. Proposez de le mettre par écrit ensemble.

« J'ai perdu mon travail, je ne peux rien payer »

Une dette sans échéancier ne se résout pas, mais un échéancier impossible non plus. Demandez si le locataire a sollicité ses droits (aide au logement, FSL, accompagnement social), et proposez de commencer par le loyer courant, avant d'attaquer la dette.

« Le logement a des problèmes, je retiens le loyer »

Un locataire ne peut pas, en principe, suspendre seul le paiement de son loyer pour des travaux non faits. Mais l'argument mérite d'être pris au sérieux : s'il y a un vrai désordre, le traiter peut débloquer la situation. Séparez les deux sujets : les travaux d'un côté, la dette de l'autre.

« Mon aide au logement n'a pas été versée »

Vérifiez le point avec le locataire et, le cas échéant, avec la Caf. Un retard d'aide est un problème temporaire qui appelle une solution temporaire, pas une rupture.

Extrait d'une simulation sur un loyer impayé

Dans cet exemple, Sophie, propriétaire d'un studio, appelle son locataire Marc, qui a trois mois de retard.

Exemple d'échange

Partie adverse · le locataire

Je sais, j'ai du retard. J'ai été au chômage tout l'été, mais j'ai repris un poste le mois dernier. Je vais tout régulariser, promis.

Vous

Je suis contente que vous ayez retrouvé un emploi. Pour que nous soyons tous les deux tranquilles, je vous propose de fixer un échéancier par écrit. Combien pouvez-vous verser chaque mois, en plus du loyer ?

Partie adverse · le locataire

Peut-être 100 euros. Je dois encore rembourser un découvert.

Animateur

Point de bascule : à 100 euros par mois, la dette de 2 400 euros serait soldée en deux ans. Sophie peut proposer un palier progressif plutôt que de refuser ou d'accepter en bloc.

Vous

Je vous propose 100 euros pendant quatre mois, le temps de solder votre découvert, puis 250 euros ensuite. Nous l'écrivons, nous le signons, et si une échéance pose problème, vous me prévenez avant.

Les voies possibles

Un impayé de loyer ouvre plusieurs voies, de la plus rapide à la plus lourde. Les comparer avant d'appeler votre locataire vous aide à choisir celle qui récupère le plus, le plus tôt, sans faire d'erreur de procédure.

Signer un plan d'apurement

Un accord écrit qui étale la dette sur plusieurs mois, en plus du loyer courant.

Ce qui peut vous attendre
Un remboursement progressif et un locataire qui reste dans les lieux ; s'il perçoit une aide au logement, le respect du plan lui permet de la conserver.
Risques
Un échéancier trop ambitieux qui échoue au deuxième mois ; prévoyez ce qui se passe en cas d'échéance manquée.

Mettre en demeure et activer vos garanties

Lettre recommandée qui fixe un délai, et sollicitation de la caution, de Visale ou de votre assurance loyers impayés.

Ce qui peut vous attendre
Une réclamation datée et, selon votre bail, une prise en charge partielle par la garantie.
Risques
Laisser passer les délais de déclaration prévus par votre contrat de garantie.

Conciliateur de justice

Un tiers gratuit réunit le propriétaire et le locataire pour chercher un accord.

Ce qui peut vous attendre
Une démarche obligatoire avant le juge si la dette ne dépasse pas 5 000 euros, et un accord écrit et signé si elle aboutit.
Risques
Un locataire qui ne vient pas : il faut alors engager la procédure.

Commandement de payer et juge

Un commissaire de justice délivre le commandement, puis le juge des contentieux de la protection peut être saisi.

Ce qui peut vous attendre
Une procédure très encadrée, à mener avec un professionnel ; le juge peut accorder au locataire des délais de paiement jusqu'à 3 ans.
Délai
6 semaines laissées au locataire par le commandement ; pas d'expulsion pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars.
Risques
La voie la plus longue et la plus coûteuse, avec une issue incertaine ; une erreur de forme peut la retarder de plusieurs mois.

Attendre

Vous laissez le locataire régulariser seul, sans accord écrit.

Ce qui peut vous attendre
Aucun coût immédiat, et parfois une régularisation spontanée.
Risques
Une dette qui grossit, des garanties qui ne jouent plus faute de déclaration ; les loyers impayés se réclament dans un délai de 3 ans.

Comment Partie adverse vous aide à choisir votre voie

Partie adverse est un simulateur : il confronte votre camp et celui de votre locataire, tenus par des IA de laboratoires différents, pour faire apparaître les scénarios possibles. La décision vous appartient.

  1. Le regard gratuit de la partie adverseVous indiquez le montant de la dette, le loyer, la durée de l'impayé, les garanties du bail et ce que vous savez du locataire. Le locataire simulé vous dit ce qu'il vous répondra, avec les premières issues possibles.
  2. La simulation complèteDeux équipes d'IA mènent la discussion en trois échanges, face à l'interlocuteur dont vous choisissez le visage et le prénom : locataire de bonne foi, locataire qui évite le sujet, locataire qui conteste.
  3. La comparaison des voiesPlan d'apurement, mise en demeure, conciliation, procédure, attente : les issues possibles de chacune avec la probabilité estimée par la simulation, les délais vérifiables, les risques et ce qui fait basculer.
  4. Les variantesUne échéance manquée, une aide suspendue, un locataire qui invoque des travaux : testez la solidité de chaque scénario.
  5. La préparation de la voie choisieUn échéancier réaliste, vos réponses aux objections et des modèles de courriers (relance, mise en demeure, plan d'apurement).

Explorer mes scénarios

Quand consulter un avocat

Dès que vous envisagez une procédure d'expulsion, faites appel à un professionnel (avocat, commissaire de justice) : la procédure est très encadrée, et une erreur de forme peut la retarder de plusieurs mois. Faites-le aussi si la dette est importante, si le locataire conteste en invoquant l'état du logement, ou si un commandement de payer a déjà été délivré. L'ADIL de votre département donne également des informations gratuites. Pour ce type de dossier, faites relire votre stratégie par un avocat : Partie adverse vous aide à préparer ce rendez-vous.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Que faire quand un locataire ne paie plus son loyer ?

Commencez par une relance amiable, par écrit, puis une mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception si elle reste sans effet. Dès le premier impayé, vous pouvez solliciter la caution, la garantie Visale ou votre assurance loyers impayés selon votre bail. Cherchez en parallèle un accord écrit avec le locataire, par exemple un plan d'apurement.

Qu'est-ce qu'un plan d'apurement ?

C'est un accord écrit entre le propriétaire et le locataire qui étale le remboursement de la dette locative sur plusieurs mois, en plus du loyer courant. Il fixe le montant de chaque échéance et sa date. Lorsque le locataire perçoit une aide au logement, le respect du plan lui permet de la conserver.

Le propriétaire peut-il changer la serrure si le locataire ne paie pas ?

Non. Seul un commissaire de justice peut procéder à une expulsion, après une décision de justice. Le propriétaire qui entre dans le logement, change la serrure ou retire les meubles s'expose à des poursuites pénales : l'article 226-4-2 du Code pénal prévoit jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende.

Le propriétaire peut-il appliquer des pénalités de retard sur le loyer ?

Non, pour les baux d'habitation signés depuis le 27 mars 2014, le bailleur ne peut pas facturer de pénalités ou d'amendes en cas de retard de paiement du loyer. Il peut en revanche réclamer les loyers et charges impayés, dans un délai de 3 ans.

Faut-il tenter une conciliation avant d'aller au tribunal pour des loyers impayés ?

Oui, lorsque la dette ne dépasse pas 5 000 euros, une tentative de règlement amiable est obligatoire avant de saisir le juge, par exemple auprès d'un conciliateur de justice, gratuit. Tout accord trouvé doit être écrit et signé par les deux parties.

Combien de temps a le locataire pour payer après un commandement de payer ?

Le commandement de payer, signifié par un commissaire de justice, laisse au locataire 6 semaines pour régler sa dette. Il doit notamment mentionner le décompte de la dette, l'adresse du fonds de solidarité pour le logement et la possibilité de demander des délais de paiement au juge.

Quelles sont mes chances de récupérer les loyers impayés ?

Personne ne peut le dire à l'avance, et Partie adverse ne donne pas de pronostic. La comparaison des voies vous montre les issues possibles d'un plan d'apurement, d'une conciliation ou d'une procédure, avec la probabilité estimée par la simulation, et ce qui fait basculer : la cause de l'impayé, les garanties prévues au bail, la capacité réelle de paiement du locataire. Le choix de la voie vous revient.

Avant de choisir votre voie, voyez ce qui peut vous attendre.

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