Ce que dit la loi
Lorsque la dette ne dépasse pas 5 000 euros, une tentative de règlement amiable (par exemple devant un conciliateur de justice, gratuit) est obligatoire avant de saisir le juge, et tout accord doit être écrit et signé. Pour les baux signés depuis le 29 juillet 2023, l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 impose une clause résolutoire ; sa mise en œuvre passe par un commandement de payer signifié par un commissaire de justice, qui laisse au locataire 6 semaines pour régler sa dette.
Le juge des contentieux de la protection peut accorder au locataire des délais de paiement, jusqu'à 3 ans, et suspendre les effets de la clause résolutoire. Pour les baux signés depuis le 27 mars 2014, aucune pénalité de retard ne peut être facturée. Enfin, seul un commissaire de justice peut procéder à une expulsion, sur décision de justice ; l'expulsion par ses propres moyens est punie par l'article 226-4-2 du Code pénal.
Il s'agit d'une information générale sur les textes applicables, pas d'une analyse de votre dossier.
Les garde-fous : ce que vous ne devez jamais exiger
Un accord amiable n'autorise pas tout. Certaines demandes, même acceptées par un locataire sous pression, sont interdites ou se retourneraient contre vous.
- Ne changez pas la serrure, n'entrez pas dans le logement sans accord, ne coupez ni l'eau ni l'électricité.
- N'ajoutez pas de pénalités de retard à la dette.
- Ne faites pas signer au locataire un engagement à quitter les lieux sous la menace : un accord doit être librement consenti.
- Ne gardez pas d'objets ou de documents du locataire « en garantie ».
- Ne harcelez pas : des relances répétées à toute heure ou auprès de l'employeur du locataire peuvent vous être reprochées.
Ce que votre locataire va probablement vous répondre
Préparer les réponses du locataire vous permet de garder la discussion sur le terrain de la solution plutôt que du reproche.
« Je vais payer, il me faut juste un peu de temps »
C'est la réponse la plus fréquente, et elle n'engage à rien tant qu'elle reste vague. Transformez-la en calendrier : combien, à quelle date, pendant combien de mois. Proposez de le mettre par écrit ensemble.
« J'ai perdu mon travail, je ne peux rien payer »
Une dette sans échéancier ne se résout pas, mais un échéancier impossible non plus. Demandez si le locataire a sollicité ses droits (aide au logement, FSL, accompagnement social), et proposez de commencer par le loyer courant, avant d'attaquer la dette.
« Le logement a des problèmes, je retiens le loyer »
Un locataire ne peut pas, en principe, suspendre seul le paiement de son loyer pour des travaux non faits. Mais l'argument mérite d'être pris au sérieux : s'il y a un vrai désordre, le traiter peut débloquer la situation. Séparez les deux sujets : les travaux d'un côté, la dette de l'autre.
« Mon aide au logement n'a pas été versée »
Vérifiez le point avec le locataire et, le cas échéant, avec la Caf. Un retard d'aide est un problème temporaire qui appelle une solution temporaire, pas une rupture.