Ce que dit la loi
Le contrat de construction de maison individuelle avec fourniture du plan est régi par les articles L231-1 et suivants du Code de la construction et de l'habitation. Le maître d'ouvrage non professionnel dispose d'un délai de rétractation de dix jours, qui court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre lui notifiant le contrat (article L271-1). Le constructeur doit fournir une garantie de livraison (article L231-6), qui couvre notamment les dépassements de prix nécessaires à l'achèvement et les pénalités de retard au-delà de 30 jours.
Les pénalités de retard ne peuvent être inférieures à 1/3 000 du prix convenu par jour de retard (article R231-14). Les paiements suivent un échéancier plafonné par stade de construction ; en cas de réserves à la réception, une somme au plus égale à 5 % du prix peut être consignée jusqu'à leur levée (article R231-7). Le maître d'ouvrage qui n'était pas assisté d'un professionnel à la réception peut dénoncer les vices apparents par lettre recommandée dans les huit jours qui suivent la remise des clés (article L231-8).
Après la réception, le constructeur doit la garantie de parfait achèvement pendant un an (article 1792-6 du Code civil), la garantie de bon fonctionnement des éléments d'équipement dissociables pendant au moins deux ans (article 1792-3) et la garantie décennale pour les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination (article 1792). L'assurance dommages-ouvrage est obligatoire pour la personne qui fait construire.
Ces règles sont une information générale sur les textes applicables, pas une analyse de votre dossier. D'autres contrats (contrat d'architecte, contrats avec plusieurs entreprises, CCMI sans fourniture du plan) obéissent à des règles en partie différentes.
Ce que le constructeur va vous opposer
Les constructeurs connaissent bien ces litiges. Leurs arguments sont prévisibles, et chacun se prépare avec le contrat, le journal du chantier et des preuves datées.
« Le retard est dû aux intempéries et aux causes prévues au contrat »
Le contrat peut prévoir des causes de prolongation du délai. Demandez la justification précise de chaque jour invoqué : relevés météorologiques, dates d'arrêt réel du chantier. Un argument général sans justification ne suffit pas à neutraliser des mois de pénalités.
« Vous avez demandé des modifications qui ont allongé le chantier »
Vérifiez si un avenant écrit a été signé, s'il prévoyait un report de date, et de combien. Des modifications sans avenant prévoyant un nouveau délai pèsent moins dans la discussion.
« Vous avez réceptionné sans réserve »
Une réception sans réserve rend plus difficile la reprise des défauts visibles à ce moment. Vérifiez si vous étiez assisté par un professionnel : sinon, le délai de huit jours après la remise des clés vous permettait de dénoncer les vices apparents. Pour les désordres apparus après, la garantie de parfait achèvement et, selon leur gravité, la décennale restent ouvertes.
« Ces fissures sont esthétiques, elles ne relèvent pas de la décennale »
La décennale vise les dommages qui compromettent la solidité ou rendent l'ouvrage impropre à sa destination. Une fissure peut être superficielle ou évolutive : seule une expertise le dira. Faites constater, mesurer et suivre les désordres dans le temps.
« C'est le sous-traitant ou le terrain qui est en cause »
Dans un CCMI, le constructeur est votre interlocuteur et répond en principe des travaux réalisés par ses sous-traitants. Ne laissez pas la discussion se déplacer vers des tiers avec qui vous n'avez pas de contrat.